144 chansons

Imagine une personne qui écrit et compose des chansons inlassablement. Jour après jour, elle retrouve ses instruments ainsi que tous les ingrédients nécessaires à sa musique…
D'où vient son désir de tenter l’aventure d’une nouvelle chanson ? De l’émotion qui l’habite, lorsque la mélodie sonne pour la première fois ? Du frisson qu’elle ressent lorsque l’orchestration se construit ?
Ou peut-être, du plaisir qu’elle éprouve au moment où se place le chant ?

L’envie provient du moment plein de surprise, où cette personne devient son propre auditeur.

La première écoute est décisive, le résultat final contredit souvent l’impression qu'elle se faisait au départ. Un début peu emballé trouve une fin lumineuse. Un démarrage bien assuré s’égare dans les méandres, sans trouver le fleuve.

Là réside le jeu, la tentation de l’imprévisible !
Année après année, les chansons jalonnent le temps, ancrent la mémoire et forment une mosaïque de ressentis, avec l’ombre et la lumière, tous les contrastes du vécu.
C’est de l’expression orale, chantée, déclamée, qui, dans ce livre, devient de l’écrit, offrant au fil des textes la circulation d’un regard.

L’écriture des paroles est aussi une exploration pleine d’imprévus. Ecrire avec des rimes entraîne des reformulations incessantes. On ne peut pas dire ce que l’on veut dire, comme on l’aurait dit spontanément. De le redire, par métaphore, donne à l’idée initiale un éclairage insoupçonné et ouvre des voies méconnues. L’approche du sujet s’enrichit des détours qu’impose la sonorité. Les images se forment et se déforment, dans un jeu où le sens fusionne avec le son, et où se glissent çà et là des messages surprenants.
JFC la voix du Fil

Grisé d’imprévisible, l’esprit s’aventure sur les chemins de traverse que lui ouvrent les rimes. Dans cette balade, la mélodie est déjà en tête. La musique précède l’écriture et lui impose son décor. L’ambiance, la sonorité des terminaisons, le rythme de la diction, dirigent le choix des mots. Si la mélodie joue une blanche suivie de deux croches, le mot choisi devra sonner de la sorte. Il faut laisser l’esprit voyager avant de trouver la bonne expression... L’histoire se bâtit en envisageant les possibles et finalement les mots trouvent le chemin, comme s’ils jaillissaient d’une part cachée de nous-mêmes. Les plus belles chansons sont celles qui nous échappent. Elles gardent l’empreinte d’un peu de temps et d’espace. Elles témoignent des jours et des nuits, des rencontres et des séparations et du temps qui file à l’horizon.
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JFC chante " Au ciel " page 168 de Fil 144